Rapport RSE 2022
Rapport RSE 2022

 

l’accessibilité numérique, un enjeu sociétal de taille.

En 2022, plus de 80% des sites web restent inaccessibles pour une vaste partie de la population. Yoan Fedele, Practice Expert et intégrateur web chez Randstad Digital à Lyon, revient sur la nécessaire prise en compte de l'accessibilité dans le développement de sites web et d’applications.

 

Le handicap: un tabou du numérique qui affecte près de 12 millions de personnes en France.

Si on a bien en tête les handicaps visibles et permanents, comme la cécité ou les handicaps moteurs, on oublie souvent que le handicap peut être également invisible et/ou temporaire : 

  • une personne souffrant d’une des formes de Daltonisme sera confrontée à des problèmes de contraste entre les textes et le fond d’une page web.
  • le vieillissement, par exemple, peut engendrer des pathologies ophtalmiques ou auditives. Dès lors, des textes trop petits, la consultation de vidéos sans sous-titres ou certains podcasts radio ne sont plus accessibles.
  • des handicaps temporaires, comme un bras dans le plâtre, peuvent empêcher la navigation sur un site web avec une souris.

 

En France, le handicap touche environ 20% de la population française. Et face à ce chiffre, le numérique, qui devrait pourtant servir l’inclusion, l’autonomisation ou encore la simplification des démarches, devient vecteur d’exclusion : 

En cause ? Le manque d’adaptation des sites et des applications crée des situations d’exclusion alors que de nombreuses solutions, souvent simples, existent. L’accessibilité numérique permet aux personnes handicapées de percevoir, comprendre, naviguer, interagir et contribuer aux supports numériques, en rendant ces derniers accessibles et compatibles avec les technologies d’assistances.

 

Accessibilité numérique : d’un enjeu social à une obligation légale.

Avant d’être un sujet technique, l’accessibilité numérique s’inscrit dans une démarche d'égalité et constitue un enjeu social essentiel afin de garantir à tous, sans discrimination, le même accès à l’information et aux services en ligne, en levant les barrières qu’elles peuvent rencontrer.

Récemment, cet enjeu est devenu une obligation légale. Il est donc grand temps d’aborder cette contrainte sous le prisme de l’opportunité pour, enfin, développer des sites web et applications inclusifs et accessibles.

 

Les grandes lignes des lois en France :

  • En 2005, l’État oblige les collectivités territoriales et les établissements publics à rendre leurs sites accessibles (internet, intranet et extranet) aux personnes handicapées (article 47 de la loi du 11 février 2005).
  • En 2016, réforme de l’article de 2005 pour étendre l’obligation légale à certains acteurs privés (sous condition de chiffre d’affaires) et aux organismes délégataires d’une mission de service public (article 106 de la loi pour une République Numérique de 2016).
  • En 2019, est publié le décret d’application des lois précédentes (exigences, mise en œuvre, sanction et suivi) (décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019 relatif à l'accessibilité aux personnes handicapées des services de communication au public en ligne).

Les acteurs concernés ont donc une obligation de publication concernant le statut de conformité (pas conforme, partiellement conforme, conforme) sur la page d’accueil, la déclaration d’accessibilité avec l’état et le niveau de conformité et un schéma pluriannuel de mise en accessibilité, décliné en plans d’action annuels.

 

 

 

Comment rendre le numérique accessible?

Pour faire simple, le World Wide Web Consortium a lancé l’Initiative sur l’Accessibilité du Web qui a publié un ensemble de recommandations permettant de rendre le contenu du web plus accessible.

En France la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM) a traduit ces recommandations en un référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA). Ce référentiel contient 106 critères répartis en 13 thématiques permettant d’évaluer l’accessibilité d’un site Web.

Voici, par exemple, quelques-unes des thématiques que l’on peut retrouver : les images, les couleurs, les liens, les script, les formulaires, la navigation.

Une personne handicapée ne peut pas faire le libre choix d’un site. Elle est dépendante de son accessibilité. Aussi, les futurs projets de développement (ou mises à jour) de sites web ou d’applications devraient tous intégrer la dimension d’accessibilité, du brief initial jusqu’aux phases de design, de développement et de test.